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Soldes d’été 2020 : des remises en question

Le début du déconfinement le 11 mai dernier a tout de suite entraîné une hausse de la consommation dans les boutiques physiques, en particulier dans les secteurs soumis à de nombreuses fermetures imposées. Bien que, pour les Français, le confinement ait été l’occasion de se tourner massivement vers le commerce en ligne, la période de réouverture des magasins a rapidement montré que les achats virtuels ne suffisaient pas à combler tous les besoins des consommateurs.

Cela dit, en cette fin de printemps 2020, le retour en boutique n’a pas non plus suffit à combler tous ces besoins. En effet, pour beaucoup de consommateurs, l’attente se tourne désormais vers les soldes d’été, qui sont tous les ans l’occasion de dépenser en faisant des économies !

Or, cette année, la Covid-19 a contraint le ministre de l’Économie à décaler la date officielle de début des soldes, qui auront bien lieu, mais dans des conditions inédites…

Alors, comment vont-elles se dérouler ? Nous revenons pour vous dans cet article sur les différents enjeux de cet événement.

 

soldes 2020

 

En quoi les soldes d’été consistent-elles ?

La France compte deux périodes de soldes sur l’année : 4 semaines en hiver et 4 semaines en été. Jusqu’en 2019, ces deux périodes étaient de 6 semaines, mais elles ont été réduites de 2 semaines sur une décision du gouvernement, qui avait constaté, depuis quelque temps, que les soldes attiraient moins de monde et que les consommateurs leur trouvaient moins d’attrait dans un contexte de multiplication des remises tout le long de l’année. La durée des soldes d’un mois et demi ne semblait donc plus se justifier et le gouvernement trouvait judicieux de réserver plus de place dans le calendrier commercial aux autres occasions pour les consommateurs de faire de bonnes affaires, en favorisant notamment le développement d’un Black Friday à la française.

En janvier, les commerçants ont donc un mois pour casser les prix dans le but d’écouler les collections automne-hiver, avant de mettre sur le marché les collections printemps-été. Et, à partir de mi-juin, le processus a lieu en sens inverse : les prix remisés permettent de vider les stocks destinés à l’été afin de libérer de la place pour les produits de la rentrée et de la fin d’année.

Or, en 2020, les pouvoirs publics ont été contraints de décaler le début des soldes d’été de 3 semaines…

 

Nouvelles dates officielles pour tous les commerçants français

Initialement fixée au 24 juin, la date de lancement des soldes d’été a finalement été repoussée au 15 juillet 2020 et il y a essentiellement deux raisons à cela.

D’une part, la première date a été jugée trop proche de la date de déconfinement pour que les commerçants aient le temps de reconstituer leur trésorerie après avoir rouvert leur boutique.

D’autre part, la nécessité d’organiser le respect des mesures sanitaires justifiait l’attribution aux commerçants d’une plus longue période d’adaptation avant l’afflux de clients produit par les soldes.

Pour tous les magasins de France métropolitaine, les prix soldés seront donc autorisés uniquement à partir de cette date, et cela vaut pour tous les départements, y compris les départements limitrophes qui bénéficiaient habituellement de dérogations (les Pyrénées-Orientales, les Alpes-Maritimes et les deux départements de la Corse).

En revanche, en Outre-mer, la situation est différente et a été tranchée au cas par cas :

  • Guadeloupe : du 26 septembre au 23 octobre
  • Martinique : du 1er octobre au 28 octobre
  • Saint-Pierre-et-Miquelon : du 15 juillet au 11 août 2020
  • Saint-Barthélémy et Saint-Martin : du 10 octobre au 6 novembre 2020
  • La Réunion : du 5 septembre au 2 octobre 2020 (soldes d’hiver en l’occurrence)

 

Une décision qui divise…

Cette décision de décaler les soldes d’été n’a pas fait que des heureux !

Les petits commerçants étaient favorables à un début des soldes le plus tard possible, pour maintenir le plus longtemps possible une marge normale sur la vente de leurs produits et renflouer les caisses après la période difficile du confinement. C’est en tout cas ce que déclarait mi-mai Francis Palombi, président de la Confédération des commerçants de France.

Mais les grandes enseignes étaient pour leur part favorables à l’instauration rapide des prix remisés, pour écouler leurs stocks importants d’invendus liés au confinement et pouvoir plus rapidement se tourner vers le catalogue automne-hiver.

Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, a donc été contraint de trancher et il l’a fait en faveur des plus fragiles. Selon ces propres mots, il a fait le choix de l’efficacité économique et de la justice.

Reste cependant à savoir dans quelle mesure le contexte sanitaire du déconfinement permettra de garantir un déroulement des soldes à la fois efficace et sûr.

 

Quelles mesures sanitaires pendant les soldes ?

Comme on le constate depuis le 11 mai, il est pour l’instant difficile de faire ses courses comme avant. À l’extérieur des grandes enseignes, il n’est pas rare de voir des files d’attente se former, car, à l’intérieur, le nombre de personnes autorisées en fonction de la superficie a été réduit à 1 personne pour 4m². Une règle qui risque d’être difficile à faire respecter dans un contexte de grande affluence comme celui des soldes… Mais les magasins y sont tout de même tenus !

En parallèle, beaucoup d’enseignes ont également mis en place des mesures complémentaires de précautions sanitaires. Certaines imposent par exemple le port du masque à leurs clients, organisent un sens de circulation dans les rayons ou distribuent du gel hydroalcoolique à l’entrée.

Enfin, même si la transmission du virus par les chèques, billets et pièces de monnaie n’est pas avérée, la plupart des magasins incitent leurs clients au paiement par carte bancaire, un moyen de régler ses achats qui est jugé malgré tout plus sûr que les autres.

 

Tout a donc été mis en œuvre pour que les soldes puissent se dérouler au mieux dès le 15 juillet et que chacun y trouve ce qu’il y cherche : une hausse de la consommation pour des commerçants en mal de chiffre d’affaires et une baisse des prix pour des consommateurs en mal de pouvoir d’achat.

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