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Rentrée des classes 2019 : qu’est-ce qui change ?

Mardi 27 août 2019, le ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, Jean-Michel Banquer, a prononcé le traditionnel discours de pré-rentrée, pour exposer aux Français les axes de travail du gouvernement en matière d’école. Ces derniers mois, on a beaucoup parlé de la réforme du bac, de la suppression des formules de « père » et de « mère », des petits-déjeuners gratuits ou encore du dédoublement des classes. Ce sont effectivement les mesures majeures. Mais leurs conséquences ne sont pas toujours bien comprises et, du reste, elles ne sont pas les seules à faire leur apparition en septembre.

Pour vous aider à y voir plus clair, nous avons fait le tour pour vous des changements à venir.

 

rentrée des classes 2019

 

L’école obligatoire dès 3 ans

Même si 97 % des enfants de 3 ans sont d’ores et déjà scolarisés, le ministre de l’éducation a souhaité abaisser officiellement l’âge de l’instruction obligatoire de 6 ans à 3 ans dès la rentrée 2019. Il entend ainsi envoyer un signal fort, en affirmant l’importance de l’école maternelle. École obligatoire rime avec assiduité obligatoire. Fini, donc, l’école buissonnière pour les petits bambins, dont certains, bien qu’inscrits, manquaient régulièrement la classe.

Le message envoyé aux parents est clair : l’école est un lieu d’apprentissage des savoirs fondamentaux et non une garderie. En théorie, en tous cas… Car, dans la pratique, les enseignants ont tout de même reçu la consigne de faire preuve de souplesse à l’égard des absences des enfants les plus jeunes. Des aménagements seront même proposés pour les heures de l’après-midi en petite-section.

 

Petits-déjeuners gratuits et cantine à 1 €

L’un des axes forts de la rentrée 2019 réside dans la lutte contre les inégalités et l’alimentation des enfants est au cœur de cette préoccupation. Depuis avril dernier, 400 écoles expérimentaient déjà la mise en place de petits-déjeuners gratuits. À la rentrée, le nombre d’élèves bénéficiant de ces encas passera de 33 000 à 100 000, puisque le ministère a décidé d’étendre cette pratique à toutes les écoles des territoires fragilisés. Cette décision est censée répondre à un constat alarmant : 13 % des élèves de milieux défavorisés attaquent la journée le ventre vide !

Dans le même temps, les communes rurales fragiles proposeront à leurs élèves des repas de midi dont le prix n’excèdera pas 1 €. Les 120 000 enfants concernés auront ainsi la certitude d’avoir au moins un repas équilibré dans la journée. Du reste, ces deux mesures seront accompagnées d’actions de sensibilisation auprès des parents, pour insister sur les bienfaits d’une alimentation saine.

 

Des effectifs allégés en grande-section de maternelle

Autre versant important de la lutte contre les inégalités : le dédoublement des effectifs dans les écoles du Réseau d’Éducation Prioritaire (REP). Depuis 2017, les classes de CP et CE1 situées en REP ont déjà vu leur effectif divisé par deux, passant à environ 12 élèves par enseignant. En deux ans, ce sont 10 800 classes qui ont ainsi été créées. Or, Emmanuel Macron l’avait annoncé en avril, cet allègement du nombre d’élèves va s’étendre aux classes de grande-section de maternelle. Si la mesure entrera véritablement en vigueur à la rentrée 2020, de nombreux départements l’adopteront dès le mois de septembre 2019.

 

L’entrée en vigueur du nouveau Bac

C’est la mesure phare de cette rentrée : la réforme du baccalauréat 2021, qui concernera les élèves de Première dès cette année. Pour les élèves de Seconde, pas de changements : le tronc commun reste le même. En revanche, pour ceux de Première, c’est la fin des filières S, ES et L. En plus des enseignements obligatoires pour tous les futurs bacheliers (éducation physique et sportive, éducation morale et civique, science, français, histoire-géographie, philosophie et deux langues vivantes), ils devront dorénavant choisir 3 enseignements de spécialités parmi les 12 proposés :

  • Arts
  • Biologie & écologie
  • Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques
  • Humanités, littérature et philosophie
  • Langues, littératures et cultures étrangères
  • Littérature, Langues et cultures de l’Antiquité
  • Mathématiques
  • Numérique et sciences informatiques
  • Physique-chimie
  • Sciences de la vie et de la Terre
  • Sciences de l’ingénieur
  • Sciences économiques et sociales

Arrivés en Terminale, les lycéens devront ensuite recentrer leur choix sur 2 spécialités, potentiellement différentes de celles étudiées en Première.

L’objectif du ministère de l’Éducation nationale est de mieux préparer les élèves au cursus qu’il leur sera proposé de suivre dans l’enseignement supérieur. Et, comme c’est le cas à l’université, des partiels seront introduits en Premières et en Terminale, dont les résultats compteront pour 30 % de la note finale du bac, au titre du contrôle continu. Dès le deuxième trimestre de l’année scolaire 2019-2020, les élèves de Première passeront donc une partie de leur bac. Puis ils réitèreront au troisième trimestre et durant toute leur année de Terminale.

 

Une école attentive aux enjeux de la société

Enfin, lors de son discours de pré-rentrée, Jean-Michel Blanquer a fait part de son intention de sensibiliser les élèves aux enjeux de notre époque. On sait que, pour faire une place à l’homoparentalité, les dénominations « père » et « mère » disparaîtront des formules scolaires en septembre, au profit de « parent 1 » et « parent 2 ». Cette mesure a largement suscité le débat, mais elle est loin d’être la seule de la rentrée en matière d’adaptations sociétales.

La devise de la République française, le drapeau français et les paroles de La Marseillaise devront par exemple être affichés dans toutes les salles de classe.

 

égalité à l'école

 

L’écologie et le développement durable bénéficieront pour leur part d’une attention plus forte, à la fois dans les programmes scolaires et dans la vie scolaire, puisque 250 000 « éco délégués » seront élus dans les collèges et lycées de l’Hexagone. Ces ambassadeurs de l’environnement auront pour rôle de favoriser la mise en œuvre d’actions concrètes.

La violence et le harcèlement scolaire sont également dans le viseur du gouvernement. Le droit à une scolarité sans harcèlement a ainsi été inscrit dans l’article 5 de la « loi pour une école de la confiance » et, dans chaque établissement, un « référent violence » sera nommé pour assurer le lien avec l’inspection académique.

Enfin, la scolarisation des élèves en situation de handicap bénéficiera elle aussi d’un coup de pouce ; ce qui passera notamment par la création de 4500 nouveaux postes d’accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH).

Universalisme républicain, égalité des chances, intégration, développement durable… Voilà donc une rentrée placée sous le signe du volontarisme politique !

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