| Publié dans Consommation et tendances

Lutte anti gaspillage : consommez « responsable »

Souvenez-vous de la campagne d’Intermarché sur les « fruits et légumes moches »? En 2014, Intermarché a lancé une campagne – spots et affiches publicitaires – vous proposant l’achat de fruits et légumes « moches » à des prix réduits afin de lutter contre le gaspillage alimentaire. En effet, de nombreux fruits et légumes non conformes aux « normes esthétiques » – à cause leurs tailles ou aspects – sont éjectés de la chaîne de distribution – pourtant comestibles et aux normes sanitaires. Et vous ? Pourquoi ne pas faire profiter vos papilles de quelques bons plans tendance tout en faisant une bonne action, lutter contre le gaspillage ?

Campagne d'Intermarché contre le gaspillage alimentaire
URL source de l’image : http://lareclame.fr/101419-legumes-moches-intermarche

Le gaspillage alimentaire, quelques chiffres

Le gaspillage alimentaire : un constat alarmant

 

Selon les chiffres 2016 de l’ADEME – Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie – et de Global Gâchis, le constat est plutôt alarmant.

Quantité des déchets alimentaires par secteur  :

  • 2,3 millions de tonnes dans la distribution (hyper et supermarchés, hard-discounts, épiceries et commerces de proximité) ;

  • 1,6 millions de tonnes dans la restauration (collective et commerciale) ;

  • 5,2 millions de tonnes dans les foyers, soit 79 kg par personne.

Sans compter les déficits relatifs à la production agricole, la transformation, le conditionnement des produits en agroalimentaire, c’est près de 9 millions de tonnes gaspillés. 🙁

Sur les 79 kg par personne :

  • il y a des déchets inévitables (épluchures, os, arrêtes, etc.) ;

  • mais il y a aussi des déchets qui pourraient être évité en ayant un comportement plus responsable. Ce sont 13 kg de restes de repas, fruits et légumes non consommés et 7 kg d’aliments dans leurs emballages d’origine.

Quelques conseils contre le gaspillage alimentaire

En tant que citoyens, faisons un geste pour la planète. Suivez ces quelques conseils responsables, cela ne vous coûte rien financièrement, quoique, OUI, vous économiserez ainsi.

  • Organisez-vous en anticipant vos achats : faites des listes, regardez ce qu’il manque et ce qui est presque périmé.

  • Faites vos courses de façon « responsable » : respect de la liste et de la chaîne de froid, achat de petites quantités, quitte à revenir si besoin, etc.

  • Respectez les normes d’hygiène et de conservation : classez vos aliments dans les zones de froid propices et nettoyez fréquemment votre réfrigérateur.

  • Soyez à jour sur la signification des étiquettes et des indications de conservation.

  • Cuisinez malin : respectez les doses, les règles d’hygiène et de cuisson et réinventez des plats avec des produits déjà entamés.

Je souhaite récupérer les invendus des acteurs de l’agroalimentaire : c’est possible

Depuis la loi n°2016-138 du 11 février 2016, relative à la lutte contre le gaspillage, certains acteurs de l’agroalimentaire se doivent de changer leur comportement. Ces changements concernent notamment l’interdiction « de rendre impropres à la consommation ou à la valorisation des denrées alimentaires encore consommables qu’ils [les distributeurs du secteur alimentaire] n’ont pas vendues ».

N’hésitez pas à demander gentiment de récupérer les restes et invendus consommables. Voici ci-dessus, quelques lieux stratégiques :

  • Les poubelles des particuliers : notamment celles issues du déménagement. Des aliments consommables peuvent s’y retrouver (condiments, céréales…). Attention tout de même, cela reste des POUBELLES ! A prendre avec précaution donc.

  • Les boulangeries : baguettes, pâtisseries, sandwich, sacs de farine jetés quelques minutes après la fermeture.

  • Les marchés de fruits et légumes : récupérez les invendus ou produits « non présentables » contre un coup de main à la fin des marchés, pourquoi pas. Le mode donnant-donnant fonctionne aussi. 🙂

  • Les stands (pizzas, sandwichs) : plus difficiles car souvent sur commande, il est tout de même possible de trouver de quoi se nourrir.

  • La petite et grande distribution, les restaurants et hôtels, les cantines, stations-essence, etc.

Des entreprises engagées dans la lutte contre le gaspillage

  • Phenix : valorisation des invendus et déchets, plateforme numérique, études et conseils, cette entreprise redonne vie aux produits redistribués dans des associations caritatives entre autres.

  • Partage ton Frigo : vous savez à l’avance que vous n’aurez pas le temps de consommer tel ou tel produit (départs, vacances ou autres) ? Postez une annonce sur les produits que vous souhaitez laisser ou encore partagez vos aliments dans un réfrigérateur collectif installé dans des lieux communs de vie. L’application a été suspendue pour des raisons de paiement, mais le geste et l’idée sont à retenir.

  • Freegan Pony : illégalement occupé, ce « resto-squat » a été fermé suite à une procédure d’expulsion. Néanmoins soulignons cette belle initiative où des invendus de Rungis étaient cuisinés pour des mets 100% végétariens.

Des applications anti-gaspillage alimentaire

Applications anti gaspillage alimentaire

Génération digitale, profitez de la technologie et dénichez des petits plans à ravir vos papilles.

  • Zéro-Gâchis  : soyez informés des magasins partenaires bradant les produits proches de leur date limite de consommation. Une cartographie vous permettra de rester près de chez vous et de profiter de ces tarifs.

  • OptiMiam : profitez des promotions flashs de produits frais autour de vous en temps réel.

  • Too Good To Go : application maline, achetez des repas de qualité auprès des commerçants partenaires, vous allez vous régaler.

Le « doggy bag », qu’en est-il ?

La pratique du doggy bag pour contrer le gaspillage alimentaire

Pratique étasunienne consistant à emporter chez soi des plats achetés et consommés au préalable dans un restaurant, le doggy bag a eu du mal – pour des raisons principalement culturelles – à se mettre en place en France. C’est à partir de la loi du 1er janvier 2016 que cette pratique s’est faite « accepter » en partie. Les restaurateurs produisant plus de 10 tonnes de biodéchets par an (soit 150 à 200 couverts par jour) sont obligés de proposer à leurs clients un doggy bag. Pour les autres restaurateurs, cette pratique n’est pas obligatoire mais fortement recommandée.

Demander un doggy bag n’est pas une honte. Vous mangez à votre faim, vous ne forcez pas votre estomac à ingurgiter de la nourriture en trop parce que vous avez payé et surtout vous dépensez utilement car rien n’est gâché ! Attention tout de même à respecter les normes d’hygiène.

Le plus difficile n’est pas de vouloir lutter contre le gaspillage alimentaire. Le plus difficile est de changer ses comportements de consommation, quitte à sortir parfois de sa zone de confort. Heureusement, il y a des applications pour vous faciliter la vie. Vous n’avez donc plus d’excuses.

Profitez des bons plans « alimentation » tout en faisant un geste pour notre planète Terre !

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