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L’Afrique : le continent où l’histoire de l’homme a débuté

Ce lundi 25 mai, nous célébrons la Journée mondiale de l’Afrique : l’occasion de mettre en lumière ce continent trop souvent relégué aux oubliettes de l’histoire, alors qu’il a été central dans la destinée humaine et qu’il recèle encore bien des mystères sur nos origines.

 

journée mondiale de l'Afrique

 

Depuis plusieurs siècles et encore très récemment, beaucoup d’hommes d’État et de scientifiques occidentaux ont cru bon de minimiser (voire tout simplement de nier) la place du continent africain dans l’histoire de l’homme.

De Hegel, pour qui les peuples noirs n’étaient que des spectateurs de la marche de l’histoire, jusqu’à Nicolas Sarkozy, qui déclarait en 2007 que l’homme africain n’était « pas assez entré dans l’histoire », en passant par un certain nombre d’autres hommes d’influence, l’histoire africaine de l’homme a régulièrement été passée sous silence.

Pourtant, la trajectoire de l’homme est profondément liée à l’Afrique, puisque c’est sur ce continent que le genre homo est apparu il y a quelque 2,8 millions d’années. Cette donnée fait aujourd’hui l’objet d’un consensus au sein de la communauté des paléoanthropologues.

Or, l’occultation de cette réalité a été d’une grande utilité à bien des causes politiques, à commencer par celles de la colonisation.

 

Colonisation et racisme pseudo-scientifique

À compter du XVe siècle, lorsque les Européens redécouvrent l’Afrique, ils n’auront de cesse d’affirmer la supériorité de l’homme blanc, supériorité qui fera l’objet de théories scientifiques plus élaborées aux XVIIe et XVIIIe siècles. De telles conceptions s’avèrent bien sûr très utiles au moment de coloniser le continent africain, au nom d’un idéal civilisateur, pour exploiter ses ressources et réduire sa population en esclavage.

Aussi, lorsque l’enfant de Tong est découvert en Afrique du Sud en 1924, la nouvelle est mal accueillie dans les milieux pseudo-scientifiques des théoriciens du racisme. Et pour cause, cet australopithèque ayant vécu il y a 2 millions d’années de cela vient valider l’intuition de Darwin selon laquelle les hommes et les singes ont un ancêtre commun originaire d’Afrique.

Au cours des décennies suivantes, les découvertes paléoanthropologiques et génétiques de ce genre se multiplient et confirment progressivement l’idée (aujourd’hui admise par tous les scientifiques) que les hommes sont tous semblables et qu’il n’existe pas de races humaines.

 

L’origine africaine de la lignée humaine

D’un point de vue scientifique, il est donc communément admis aujourd’hui que tous les êtres humains qui habitent la planète ont une origine géographique commune, qui se trouve en Afrique, puisque c’est sur ce continent qu’ont été retrouvés les fossiles les plus anciens d’individus du genre homo.

En l’occurrence, le fossile le plus ancien attribué au genre auquel nous appartenons a été retrouvé en Éthiopie en 2013 et son âge est estimé à en environ 2,8 millions d’années. Il n’appartient cependant pas à l’espèce homo sapiens, qui n’est qu’une des 12 espèces recensées dans le genre homo, les 11 autres étant aujourd’hui éteintes.

Or, si l’on prend en compte le genre encore plus large des hominina, dont homo n’est qu’une branche, il est possible de remonter encore plus loin vers l’ancêtre de l’homme moderne. La célèbre australopithèque Lucy, à l’origine d’une chanson non moins célèbre des Beatles, nous transporte par exemple 3,2 millions d’années en arrière.

Dans cette perspective, le spécimen le plus ancien de la lignée humaine dont on ait retrouvé la trace est l’Homme de Toumaï, découvert au Tchad en 2001 et daté à environ 7 millions d’années ! A priori, il ne s’agit cependant pas d’un ancêtre d’homo sapiens, mais plutôt d’un cousin ayant avec nous un ancêtre commun.

 

L’énigme du berceau de l’homme

Cet ancêtre commun, dont on n’a pas encore pu prouver l’existence et qui aurait donc vécu au moins 7 millions d’années avant l’homme moderne, reste aujourd’hui une énigme pour les paléoanthropologues. Il est admis que le genre hominina est né en Afrique, d’où a finalement migré l’espèce homo sapiens pour gagner les autres continents de la planète et peut-être s’y mêler à d’autres espèces du genre homo (Homme de Néandertal et Homme de Denisova). Mais le lieu précis où est apparu notre genre est inconnu à ce jour.

Au gré des investigations et des découvertes effectuées, plusieurs pistes ont été avancées. Parmi les hypothèses qui reviennent le plus souvent, on retrouve l’Éthiopie, le Kenya ou le Tchad. Ce berceau de l’homme pourrait par exemple se trouver sur les rives du lac Turkana (à la frontière entre l’Éthiopie et le Kenya), où ont été identifiées pas moins de huit espèces différentes d’hominidés et où ont également été retrouvés les plus vieux outils de nos ancêtres. Un microclimat, décisif dans la naissance des premiers humains, pourrait alors expliquer leur apparition en ce lieu…

Toujours est-il que la question fait débat parmi les scientifiques et ne semble pas prête d’être tranchée.

 

L’Afrique, continent sur lequel l’histoire de l’homme a débuté, n’a donc pas fini de nous révéler ses mystères. De quoi rester humble à l’égard de ces millions d’années écoulées et se garder de porter des jugements hâtifs sur ce continent dans lequel les plus belles lignes de notre histoire restent peut-être à écrire, entre un passé et un avenir aussi insondables l’un que l’autre.

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