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12 mai : célébrons nos infirmières, mais aussi tout notre personnel de santé

Le 12 mai est la journée internationale de célébration du métier d’infirmière (et d’infirmier !). Métier dont les conditions d’exercice sont assez méconnues de l’opinion publique, il est pourtant essentiel au fonctionnement de nos sociétés.

Ce n’est pas un hasard si la reine Élisabeth II a choisi, durant la Première Guerre mondiale, de servir comme infirmière, afin d’être au plus près de son peuple. Or, si cette journée internationale a lieu tous les ans le 12 mai, c’est en l’honneur d’une autre infirmière célèbre née un 12 mai : Florence Nightingale, à qui le métier moderne d’infirmière doit beaucoup.

Mais savez-vous qui était Florence Nightingale, pionnière du soin infirmier ?

 

journée internationale des infirmières

 

Florence Nightingale : la première infirmière moderne

Issue d’une famille de la haute société britannique, petite-fille de l’abolitionniste William Smith, elle naît en 1820 dans la ville italienne de Florence (d’où son prénom), alors que ses parents effectuent un voyage en Europe. De retour en Angleterre, elle reçoit durant sa jeunesse une éducation très poussée et hérite de valeurs favorables au progrès social.

Dans les années 1840, elle décide d’embrasser la carrière d’infirmière, un choix assez insolite à cette époque pour une jeune fille de son rang. Elle est notamment encouragée dans cette décision originale par le médecin américain Samuel Gridley Howe et sa femme écrivaine, Julia Ward.

En découvrant les mauvais résultats des soins de l’époque, elle milite pour la mise en place de formations à destination des infirmières et l’ouverture d’établissements de soins pour accueillir les malades. Une fois encore, cette proposition va à contre-courant d’une époque où les hôpitaux étaient réservés aux pauvres, les personnes riches étant soignées à domicile.

Mais elle s’obstine, se documente, voyage pour s’inspirer de ce qui se fait à l’étranger et finit, au début des années 1850, par obtenir l’autorisation de sa famille pour mener à bien ses projets. On lui confie rapidement des responsabilités au sein d’établissements londoniens et elle se fait remarquer par son implication auprès des soldats blessés durant la Guerre de Crimée.

Dès 1856, elle accède au rang de véritable héroïne et la BBC la présente comme la femme la plus célèbre d’Angleterre après la reine Victoria.

Jusqu’à la fin de sa carrière, elle mettra cette notoriété au service de la modernisation du métier d’infirmière et de la création d’écoles de formation aux soins infirmiers.

Aujourd’hui, de nombreux hôpitaux, instituts de formation et fondations caritatives portent son nom, en signe de reconnaissance à l’égard ce qu’elle a apporté aux systèmes de santé des États occidentaux.

 

Un métier pénible et mal reconnu

Que l’infirmière exerce en libéral ou au sein d’un service hospitalier, son métier n’est pas de tout repos.

Le manque de reconnaissance de la profession et l’amélioration des conditions de travail étaient deux axes forts de l’engagement de Florence Nightingale et elle a réellement fait progresser les choses sur ces deux plans. Mais il reste encore de nombreux aspects perfectibles dans le quotidien de l’infirmière.

Les journées sont souvent très longues, le manque de moyens implique des stratégies d’adaptation permanente, les conséquences psychologiques de la confrontation à la maladie et à la mort peuvent laisser des traces durables, la nécessité pour les médecins de déléguer une partie de leur travail contraint à effectuer des actes supplémentaires, etc. Tout cela explique notamment que, d’après les syndicats infirmiers, une infirmière sur quatre parte à la retraite avec une invalidité partielle ou totale.

Or, cette pénibilité est loin d’être pleinement reconnue par les pouvoirs publics, voire par l’opinion collective.

La crise du Covid-19 a ainsi mis l’accent sur une profession en grande difficulté morale, qui doit composer en permanence avec les conséquences des réductions de budgets et la souffrance des malades. Une Florence Nightingale du XXIe siècle serait en l’occurrence accueillie à bras ouverts par toute la profession, qui a d’ores et déjà perdu beaucoup des siens en 2020.

Cela dit, si les infirmières sont souvent en première ligne et occupent le devant de la scène médiatique, leur mise en lumière occulte parfois tout un ensemble d’autres professions médicales qui garantissent l’existence de notre système de santé.

 

L’infirmière dans le système de santé : un rôle central qui en cache d’autres

Dans le contexte qui est actuellement le nôtre, il serait ainsi tout à fait justifié que la journée internationale des infirmières soit en même temps l’occasion de rendre hommage à tous les professionnels de santé, dont le rôle est tout aussi essentiel et les conditions de travail pas forcément meilleures.

Du fait de leur place au sein de l’environnement hospitalier, il est vrai que les infirmières occupent un rôle charnière, entre le haut de la hiérarchie (médecins et cadres de santé) et tout le reste du personnel médical et paramédical avec lequel elles assurent la liaison.

Or, sans ce personnel très nombreux, qui constitue la base de notre système de santé, rien ne serait possible.

 

Les aides-soignants, les aides médico-psychologiques, les sages-femmes, puéricultrices et auxiliaires de puériculture, les ambulanciers, les pharmaciens et préparateurs en pharmacie, les kinésithérapeutes, les ergothérapeutes, les psychomotriciens, les orthophonistes, les orthoptistes, les manipulateurs en radiologie, les techniciens de laboratoires et tous les membres du corps de santé que nous oublions malgré nous méritent eux aussi d’être célébrés par la nation en ce 12 mai 2020.

Leur implication encore plus importante que d’habitude cette année a été et continuera d’être essentielle dans la capacité de la société à faire corps contre l’épidémie.

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