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Élections municipales : 5 questions pour mieux comprendre ce scrutin

Les 15 et 20 mars prochains se tiendront les deux tours des élections municipales, à l’issue desquelles chacune des 36 000 communes françaises connaîtra la composition de son nouveau conseil municipal (mais pas encore l’identité de son maire !). Les candidats avaient jusqu’au 27 février pour se déclarer, remettant ensuite leur sort entre les mains des électeurs.

Or, ces électeurs manquent parfois d’informations sur le fonctionnement de ce scrutin singulier par rapport aux autres élections auxquelles on peut prendre part.

Saviez-vous par exemple qu’en 2014, à Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet a perdu contre Anne Hidalgo alors qu’elle avait récolté plus de voix que sa concurrente ? Seules les municipales rendent possible une telle situation…

On vous explique pourquoi dans cet article, qui détaille également les autres enjeux des municipales à l’heure où des millions d’électeurs s’apprêtent à se rendre aux urnes.

 

élections municipales 2020

 

Qui peut voter aux élections municipales ?

Si toutes les autres élections françaises sont réservées aux citoyens français, les élections municipales ont la particularité d’être aussi ouvertes à toutes les personnes membres de l’Union Européenne qui résident en France.

Pour avoir le droit de pénétrer dans l’isoloir, elles doivent simplement être inscrites sur les listes électorales (donc avoir plus de 18 ans) et ne pas avoir été privées par la justice de leurs droits civiques. Deux conditions qui, bien sûr, valent aussi pour les citoyens français désireux de prendre part au scrutin.

 

Comment les conseillers municipaux et les maires sont-ils élus ?

Contrairement a une idée reçue, on ne vote pas directement pour le futur maire de notre commune de résidence, mais pour les futurs membres du conseil municipal. Autrement dit, on vote pour une liste de candidats, qui, au passage, doit comporter autant d’hommes que de femmes.

On parle officiellement d’un « scrutin proportionnel de listes à deux tours avec prime majoritaire », expression alambiquée pour désigner une réalité simple à comprendre…

Concrètement, à l’issue des deux tours de l’élection, la liste ayant obtenu la majorité des suffrages exprimés récupère automatiquement la moitié des sièges du conseil municipal. C’est la fameuse « prime majoritaire ». L’autre moitié des sièges est ensuite répartie de manière proportionnelle entre toutes les listes présentes au second tour (y compris la liste gagnante). En sachant que, pour accéder à ce second tour, il faut avoir récolté plus de 10 % des suffrages au premier tour.

Si, d’aventure, une liste obtenait la majorité des votes dès le premier tour, le second tour serait annulé et la répartition des sièges se ferait sur le même schéma, mais avec les suffrages du premier tour.

Une fois les conseillers municipaux élus, la responsabilité leur revient de désigner parmi eux le maire de la commune. Généralement, il s’agit du candidat figurant en tête de la liste gagnante, mais ce n’est pas une obligation !

 

Paris, Lyon et Marseille : pourquoi font-elles exception dans l’organisation des élections municipales ?

Dans les trois plus grandes villes françaises, le mode de scrutin est légèrement différent, puisque les conseillers municipaux sont élus à l’intérieur de secteurs électoraux : ce sont les arrondissements. Jusqu’aux dernières élections, Paris était divisée en 20 arrondissements, mais il n’y en aura plus que 17 dès le mois de mars 2020, les 4 premiers ayant fusionné dans « Paris Centre ». À Lyon, le nombre d’arrondissements s’élève à 9 et, à Marseille, on en compte 16, qui sont toutefois distribués entre 8 secteurs électoraux.

Dans les faits, une « mini élection municipale » a lieu au sein de chaque secteur, pour en désigner les conseillers, qui se réunissent ensuite pour élire le maire de la ville.

Voilà comment, en 2014, Anne Hidalgo a pu être élue maire de Paris par les conseillers municipaux des différents arrondissements alors que les Parisiens avaient voté en plus grand nombre pour Nathalie Kosciusko-Morizet.

 

Et pour les communes de moins de 1000 habitants ?

Pour ces petites communes, il y a également une exception, qui réside dans la possibilité pour les électeurs de barrer certains noms sur une liste ou d’en ajouter d’autres (principe de « panachage »). On est alors dans le cadre d’un scrutin « majoritaire plurinominal », à l’issu duquel sont élus les candidats qui ont récolté la majorité des suffrages dès le premier tour, puis ceux qui ont obtenu le plus de voix au second tour, dans la limite des sièges restant à attribuer.

 

Pourquoi est-il si important de voter aux municipales ?

Les élections municipales ayant pour but d’élire nos représentants politiques les plus proches de nous, l’enjeu du scrutin est directement lié à notre quotidien. Traditionnellement, le vote des Français est d’ailleurs assez différent entre ces élections et les élections nationales ou européennes. Aux municipales, on vote avant tout pour des femmes et des hommes, plus que pour des étiquettes politiques.

Du reste, le caractère proportionnel du scrutin permet de donner des responsabilités et du pouvoir à des candidats qui ne figurent pas parmi les favoris et qui ont parfois des profils atypiques dans le paysage politique. C’est souvent l’occasion de donner leur chance à des personnes venues de la société civile.

Enfin, organisées entre deux échéances présidentielles, ces élections locales permettent également aux citoyens de faire entendre leur voix plus souvent que tous les cinq ans. Même si leurs enjeux ne sont pas explicitement nationaux, elles peuvent donner au gouvernement et aux assemblées parlementaires une nouvelle perception de l’opinion publique, voire modifier le cap des politiques nationales.

Alors, rendez-vous aux urnes le 15 mars prochain pour faire vivre la démocratie !

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