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Le saviez-vous : 5 détails insolites de l’armistice du 11 novembre 1918

Ce lundi 11 novembre, la France commémore l’armistice de la Première Guerre mondiale, signé entre les Alliés et les Allemands le 11 novembre 1918, à Rethondes. Depuis maintenant cent ans, les représentants de l’État français donnent rendez-vous chaque année aux citoyens pour célébrer à cette date la victoire de la France et le retour à une situation de paix, mais aussi pour honorer la mémoire des soldats morts au combat. Cette cérémonie est tous les ans un moment important de la vie civique et, en même temps, une occasion de se pencher sur notre histoire.

L’année dernière, parce qu’il s’agissait du centenaire de la fin du conflit, cette histoire a bénéficié d’une mise en lumière prolongée. Pourtant, nous faisons le pari que vous ne savez pas encore tout de la signature de l’armistice de 1918.

Voici cinq petites histoires dans la grande que vous ne connaissiez peut-être pas…

 

armistice 11 novembre 1918

 

La demande d’armistice a été envoyée à la tour Eiffel

En 1918, le morse est une technologie centrale dans les télécommunications, notamment dans le domaine des communications militaires. C’est donc par ce biais que Français et Allemands prennent les premiers contacts en vue de l’armistice de la Première Guerre mondiale. En effet, le 5 novembre 1918, à 6 h du matin, l’état-major allemand envoie un message en morse aux Français pour leur demander de bien vouloir entamer des pourparlers de cessation des combats. Or, ce message est envoyé depuis Spa, en Belgique, vers le centre radio-télégraphique de la tour Eiffel. C’est donc sur le monument le plus emblématique de Paris que la caporal Maurice Hacot réceptionne la demande germanique et la transmet à son supérieur, le colonel Ferrié. À partir de là, il faudra encore six jours aux deux états-majors pour se mettre d’accord sur un texte établissant les conditions de l’arrêt des combats.

 

La signature a eu lieu à 5h15 dans… un wagon-restaurant

Pour mener les négociations et signer le texte final de l’armistice, l’état-major français souhaite un endroit sûr et à l’abri des regards, notamment ceux des journalistes et photographes. Son choix se porte alors sur un épi de tir désaffecté, proche de la gare de Rethondes. L’endroit est calme et facile à ravitailler.

On y installe deux trains (un pour chaque délégation) et, entre les deux, on assemble rapidement des caillebotis pour former un chemin et permettre aux Allemands de se rendre dans le train français. Le 7 novembre, la délégation allemande récupère la proposition de texte des alliés. Elle dispose ensuite de trois jours pour prendre connaissance des articles et éventuellement les soumettre à discussion. Mais, dans les faits, le traité est imposé aux vaincus, qui ont peu de marge pour la négociation. À l’issue de ces trois jours, le 11 novembre à deux heures du matin, une ultime séance est organisée dans le train français et, trois heures plus tard, l’armistice y est signé, dans le wagon-restaurant.

Or, ce que l’histoire ne dit pas encore c’est que, vingt-deux ans plus tard, pour laver l’affront de l’humiliation de la défaite de 1918, Hitler fera récupérer ce wagon et exigera qu’il soit placé exactement au même endroit pour y faire signer aux Français l’armistice de 1940, dans le camp de vaincus cette fois…

 

L’armistice ne signifie pas la fin de l’état de guerre entre les deux camps

L’armistice signé à Rethondes le 11 novembre 1918 marque la fin des combats. Elle entérine donc officieusement la victoire des alliés sur l’Allemagne. Mais, d’un point de vue officiel, elle n’est qu’un cessez-le-feu, qui ne valide pas la capitulation définitive et totale de l’Allemagne. Le traité de paix en bonne et due forme ne sera signé que le 26 juin 1919, à Versailles. C’est lui qui mettra véritablement fin à l’état de guerre.

 

Beaucoup de soldats sont morts après la signature de l’armistice

Signer l’armistice est une chose. Faire passer le message aux armées en est une autre…

Si la fin des combats est officialisée par les deux états-majors le 11 novembre entre 5 et 6 h du matin, sur le front, le cessez-le-feu ne sera effectif qu’à 11 h. C’est la raison pour laquelle la dernière matinée de la Première Guerre mondiale aura quand même fait 11 000 morts ou blessés parmi les soldats. Le dernier soldat français tué pendant le conflit sur le sol français sera Augustin Trébuchon, abattu par les Allemands d’une balle dans la tête à 10 h 55.

D’ailleurs, les chefs de l’armée française, estimant que la population ne pourrait pas comprendre que des soldats aient été tués après la victoire, ont décidé d’antidater la mort des soldats concernés. Officiellement, Augustin Trébuchon et ceux de ses camarades qui ont connu le même sort funeste sont donc décédés le 10 novembre 1918.

 

La tombe du soldat inconnu et le « Carré des sept inconnus »

Dès 1919, les autorités françaises ont mis en place différentes commémorations de l’armistice du 11 novembre. C’est par exemple à ce moment-là qu’est apparue la mention « mort pour la France ». Or, l’élément emblématique de cette commémoration est l’installation de la « tombe du soldat inconnu ».

On doit cette décision à la chambre des députés, qui, en novembre 1920, a décidé de faire inhumer huit soldats français, morts au combat dans huit lieux différents et dont les corps n’avaient pas pu être identifiés, pour en transporter un au pied de l’Arc de triomphe. Le 10 novembre, les huit corps sont installés dans une chapelle de la citadelle de Verdun et le ministre des Pensions demande à un jeune engagé volontaire, lui-même fils d’un combattant mort au front, de désigner celui qui aura l’honneur de devenir le soldat inconnu. Le jeune militaire désigne le sixième cercueil, qui est conduit à l’Arc de triomphe le lendemain.

Au départ, le soldat inconnu n’était donc qu’un des huit soldats inconnus. Les sept autres ont ensuite été enterrés dans le cimetière militaire du Faubourg Pavé, près de Verdun, où a été créé le « Carré des sept inconnus ».

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